les ailes fracassées

Bienvenue sur mon blog

 

Johanne

Si je parle aujourd’hui de cette jeune femme, c’est parce que j’ai été touchée en plein coeur par le difficile combat qu’elle a mené contre la maladie. Dès le départ, j’ai été happée par son histoire, je passais quotidiennement, sans jamais laisser de message, sur son blog  où elle a su fédérer autour d’elle des milliers de personnes venues du monde entier, toujours plus nombreuses au fur et à mesure  que les jours passaient, spectateurs impuissants de ce combat sans fin où douleur, espoir, découragement et angoisse se mêlaient insidieusement.

J’ai joint mes mains virtuellement à la ronde de l’espoir pour propulser cette energie si importante pour Johanne, jolie jeune femme lumineuse, inconnue et si proche malgré nous et qui restera comme le symbole de la dignité dans la douleur.

Alors, lorsque le soleil s’éteint, quand la souffrance est telle que plus rien ne ressemble à rien, il reste pour les proches ces milliers de messages, comme des bouées de sauvetage auxquelles ils s’accrocheront pour ne pas sombrer dans l’océan de chagrin, tous ceux là ont tissés ces fils invisibles qui resteront à jamais accrochés dans le doux souvenir de Johanne.

Tu vois mon coeur, la vie est si précieuse, des milliers de Johanne ne demandent qu’à vivre,  la maladie frappe au hasard, des milliers comme toi mettent leur vie en danger, pourquoi ? Dans la vie il y a des choses qui n’ont aucune justification logique, mais nous sommes touchés au coeur par ces histoires de vie, comme si  elles nous concernaient aussi ! la précarité de la vie nous saute sauvagement à la figure et nous refusons de voir cette cruelle réalité.

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Par lesailesfracassees
Le 15 février, 2009
A 22:34
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Verdict

Tu as eu de la chance, pour te rendre au tribunal en Normandie, à une semaine près, tu aurais pris la route sous la neige et le verglas, ton ange veille !! Vous vous étiez habillés comme pour une cérémonie de mariage, il fallait faire bonne impression, convoqués en début d’après midi vous êtes passés à plus de vingt deux heures, du temps à stresser en attendant à quelle sauce vous alliez être mangés ! le temps d’expliquer à un jeune avocat commis d’office votre épopée nordique qui s’est transformée en garde à vue !

Vous êtes bien allé à un anniversaire du côté de Roubaix où au milieu des invités quelqu’un vous a proposé des amphétamines…. 150 grammes pour 600 euros…!!  je cite ces chiffres pour te montrer l’incohérence de ton attitude lorsque tu viens faire les courses avec moi et que tu t’offusques des prix alimentaires de base… mais ce soir là, tu devais être privé de ta capacité de discernement parce que depuis des semaines tu demandais qu’on te prescrive des stimulants, ne supportant plus de te voir traîner comme une larve humaine !

Vous n’avez pas compris pourquoi les douanes vous ont intercepté, la personne vendeuse était-elle un indic ? vous avez partagé les 150 grammes en trois et dissimulé la drogue dans les parties intimes !!! indétectables pourtant. Tu expliques  la garde à vue parce que tu as dit que tu étais traité par Subutex, et aussitôt la relation a été faite avec  la détention de drogue. C’est au moment de la fouille au corps que les sachets d’amphétamines ont été découverts.   

Tu pensais qu’éternellement tu pouvais impunément passer à travers les mailles des filets policiers, rattrapé par ton passé, tu ne pouvais fuir la réalité,  un mal pour un bien finalement et l’électrochoc attendu !

Le juge vous a condamné tous les trois à la même peine : trois mois avec sursis ! donc pas d’emprisonnement s’il n’y a pas de récidive dans les cinq ans. J’espère que tu as compris cette fois,  parce que tu auras à rendre des comptes à la justice.

Tu es convoqué au service médical de la préfecture pour des analyses de sang et d’urine à la recherche de traces de stupéfiants, le résultat déterminera ton aptitude à la conduite ou le retrait pur et simple de ton permis.

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Par lesailesfracassees
Le 8 février, 2009
A 1:29
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Mensonges

Tu tisses tes mensonges comme l’araignée qui patiemment englobe ses proies pour les piéger,  victimes de notre confiance en toi, nous t’avons pourtant cru, jusqu’à te suivre parfois dans les couloirs de médecine légale pour des coups que tu n’avais jamais reçus, c’est à cette époque d’ailleurs que nous nous sommes aperçu que tu te droguais. Ce matin là tu étais parti pour le restaurant dans lequel tu travaillais, on m’a appelé pour venir te chercher, tu avais eu un malaise, malaise provoqué par une surconsommation de benzodiazépines. Tu as inventé une histoire d’agression au petit matin, des individus voulant te voler ta voiture à une station service, jeté à terre tu les avais vu fuir à bord de ta voiture qui n’a pu aller très loin, car le réservoir était vide ! à partir de là tu avais rejoint ton poste pour travailler « normalement », alors que tu tenais à peine debout. La vérité te semblait-elle si insurmontable pour t’engager dans le récit d’ histoires qui ne tenaient pas debout ! Tu voulais nous protéger, dis-tu, mais tôt ou tard tu savais bien que la vérité éclaterait.

Demain tu es convoqué au Tribunal en Normandie, près du commissariat où tu as passé ta garde à vue. Angoissés ce soir, on le serait à moins.  Tu seras avec tes deux amis qui étaient partis avec toi à un anniversaire, bride par bride tu commences à raconter ce qui s’est réellement passé.  La voiture qui t’a pris en stop n’a jamais existé,  vous avez acheté des amphétamines et les douanes vous ont arrêté. Pensais-tu vraiment que nous ne pouvions pas supporter la vérité ? Blindés, nous le sommes devenu, par force aussi parce que nous ne pouvons que subir et surtout ne pouvons pas changer le court des évènements, tu avais sans doute sous estimé les risques, tu n’as plus qu’à assumer les conséquences de tes actes. 

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Par lesailesfracassees
Le 27 janvier, 2009
A 2:10
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Ouf

Tu pleurais sans discontinuer, des torrents de larmes brûlantes qui jaillissaient de tes paupières rougies, fatigué par tes nuits d’insomnie, inconsolable, emporté par cette vague soudaine qui déborde de toi même, comme une cascade qui tombait avec fracas des rochers abruptes,  charrié comme un fétu de paille. Nous étions spectateurs impuissants de ton naufrage, entraîné que tu étais dans ce gouffre tourbillonnant sans fond qui t’arrachait à ta vie.

Les psychologues et psychiatres se sont réunis en staff, te proposant une nouvelle hospitalisation pour te protéger contre toi même. Tu as refusé, l’idée de te retrouver à nouveau enfermé, la promiscuité avec d’autres patients, insupportable à tes yeux les ont fait réfléchir à un nouveau traitement.

C’est dans l’urgence qu’ils t’ont prescrit un sérotoninergique, substance qui augmente la quantité de sérotonine dans le système nerveux central. Tes larmes se sont taries, aussi soudainement qu’elles étaient arrivées. Tu dois passer pour qu’ils te donnent ta dose journalière, ne voulant pas prendre le risque de te laisser seul avec plusieurs boites du produit.

Quelques années auparavant dans ce centre qui te suit, il existait des lits pour hôpital de jour, les patients étaient pris en charge dans la journée et repartaient le soir. Après des restrictions budgétaires, ces lits ont été fermés et le personnel déplore ce manque de moyen qui était efficace et évitait une hospitalisation prolongée. Le coût était moindre pour la société. Mais les gouvernements successifs en ont décidé autrement.

 

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Par lesailesfracassees
Le 21 janvier, 2009
A 2:25
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Mauvais film

La soirée avait bien commencé, tu n’étais pas venu dîner depuis quelques soirs, tu avais reçu des amis chez toi, ton chez toi que tu aménages petit à petit. Nous étions, tu étais heureux d’être là.

Comment le dialogue s’est-il envenimé, je n’ai pas tout suivi, avec papa vous avez parlé de stupéfiants, tu ne comprenais pas qu’on ne te donne pas de psychostimulants. Le second psychiatre en ville que tu consultais en marge de la structure qui te suit pour ton traitement substitutif, t’a gentiment fait comprendre qu’il n’était pas là pour te prescrire ce genre de produits, tu demandais seulement à essayer pour te donner un peu de tonus, pour ne plus te sentir avachi, te booster ton énergie. Il n’a pas voulu marcher dans ton jeu.

L’effet stimulant de cette molécule est dû à une action sur la transmission de l’influx nerveux entre les neurones, tu es persuadé qu’il existe un traitement magique qui te rendra invincible. N’est-ce pas une autre forme de  toxicomanie ? tu t’entêtes, tu t’agaces et hurles que personne ne te comprend.

Ce produit est prescrit chez les pilotes de chasse pour éviter qu’ils ne s’endorment au moment de leur entraînement, il est donné aussi aux  patients qui souffrent de narcolepsie ou d’hypersomnie. Toi qui as  des insomnies depuis plusieurs années, quels effets dévastateurs aura-t-il sur toi ? et les effets secondaires sont terribles. Tu crois que la chimie va résoudre tes problèmes de mal être, et tu prétextes justement le fait que si on ne te donne pas le produit que tu recherches tu ne pourras jamais te sentir mieux. Quel dilemme ! et papa encore moins qu’un autre ne peut te le prescrire.  

Le ton est monté et tu es parti en claquant la porte. J’ai réussi a te joindre plus tard, inquiète, tu pleurais encore, inconsolable. Tout le chagrin d’une vie qui se déversait hors de toi, tel un torrent qui emporte tout, écrasé par ce poids qui t’empêche de vivre. Non tu ne retourneras pas à l’hôpital psychiatre, je te l’ai promis. Tu ne le supporterais pas et nous non plus. Comme tu te déprécies dans ces moments là, tu doutes de tout.

Tu as voulu que nous nous retrouvions ce soir sur msn avec ta soeur et ton frère, difficile d’expliquer en quelques phrases, comment reprendre le fil de l’histoire. Ce moyen ludique pour converser ne peut s’appliquer à une apparente psychothérapie de groupe. Tu attendais tellement de cette rencontre virtuelle, heureux de les retrouver. J’ai cru à un moment que le dialogue allait aussi partir en vrille, et tu recommençais à pleurer derrière ton clavier, finalement, ton frère patiemment a fini par trouver les mots justes. Vous êtes partis vous coucher un peu plus apaisés ce soir.

Tu sais dans le grand bain de la vie certains plongent et nagent aisément malgré les courants contraires et les tempêtes, d’autres essayent malgré tout de s’élever au dessus des flots, mais parfois s’enlisent ou boivent la tasse, mais un coup de pied parvient à les hisser par dessus et puis certains coulent au fond des eaux tortueuses et se laissent entraîner vers le fond. Bats toi, puise ta force au plus profond de toi.

Je t’ai promis de mettre un texte pour toi qui résume bien tes sentiments actuels. Relis le souvent et imprègne toi de ces mots.

Le prophète de Khalil Gibran (extrait)

Parle-nous de la Joie et de la Tristesse.
Et il répondit :


Votre joie est votre tristesse démasquée.
Et votre rire fuse du même puits que vos larmes remplissent.
Et comment pourrait-il en être autrement ?
Plus la peine évidera votre être, plus la joie y tiendra. (…)
Quand vous êtes joyeux, regardez en profondeur votre coeur et vous remarquerez que c’est seulement ce qui vous a donné de la tristesse qui vous cause de la joie.
Quand vous êtes tristes, regardez à nouveau votre coeur et, en vérité, vous verrez que vous pleurez sur ce qui fut votre plaisir.
Certains d’entre vous disent, « la joie est plus grande que la tristesse » et d’autres disent « non, la tristesse est plus grande ».
Mais je vous dis moi qu’elles se révèlent inséparables.
Ensemble elles s’en viennent et quand l’une s’assoit seule à votre chevet, rappelez-vous que l’autre est assoupie dans votre lit. »
   

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Par lesailesfracassees
Le 14 janvier, 2009
A 2:54
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An neuf

Tu écriras ton histoire, celle des mois à venir pour oublier  ton ciel traversé de nuages menaçants,  élaguer ton chemin comme tu le ferais en avançant dans la jungle pour te frayer le passage,  tu en as fait des pas, titubant, incertain, mais  vaillant petit soldat bravant tes tempêtes intérieures, héros malgré toi d’un scénario bien sombre, tu feras taire en toi le tumulte de la vie. Alors, apaisé tu retrouveras la confiance que tu as perdue, tu te sentiras utile et tu existeras par toi même. Tu sais bien que le bonheur ne dépend pas des circonstances, mais est déterminé par notre seul comportement, tu croyais alors que tes paradis artificiels pouvaient t’apporter un semblant de bien être, l’euphorie provoquée te laissait des lendemains amers. L’as-tu compris ? je n’en suis pas sûre, car dernièrement tu n’as pas su résister, et tu m’as avoué n’avoir pas été très fier de toi, te garder en laisse pour t’éviter un faux pas, ce n’est pas notre rôle, toi seul décidera la façon dont tu y mettras fin.

Alors, laisse nous rêver à des lendemains qui chantent, continuer à vivre notre vie,   c’est toi qui fais ta chance, parfois on ne se rappelle pas qui on est et on ne sait pas qui on veut être jusqu’à ce qu’on essaye quelques façons d’être.   Accepter la vie telle qu’elle est constitue le moyen le plus efficace de tirer les enseignements d’une situation pénible.

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Par lesailesfracassees
Le 6 janvier, 2009
A 2:34
Commentaires : 4
 
 

Trève de Noel

Je me suis mise un peu en retrait, contrainte et forcée, l’énergie m’a manqué, comme si j’avais reçu un coup de massue derrière la tête, vidée, lessivée, peut être trop enthousiaste au sortir de l’hôpital, j’aurai pu gravir des montagnes au sens propre comme au figuré, mais la réalité m’a rattrapée. Que faire alors dans ces moments là, se terrer, ne rien dire et attendre l’éclaircie. Comment rallumer la flamme lorsqu’elle vacille, comment accepter ce qui n’est plus, la perte des repères pour aborder la suite d’une façon différente, alors il est impératif de s’abandonner, de se laisser porter, et tourner une page.

Tu vis maintenant dans ton appartement refait à neuf pour un nouveau départ, tu essayes de te réapproprier ta vie après tout ce tumulte, réapprendre à te faire confiance malgré ton comportement un peu inconséquent, et retrouver l’estime de toi ce qui est le plus important, à savoir aussi gérer tes émotions et maîtriser ton stress, te fixer des buts à atteindre et faire des choix. 

Tu es arrivé des cadeaux plein les bras, le sourire aux lèvres, ta joie était communicatrice, chacun a eu droit à son petit commentaire amusant comme tu sais si bien les écrire.

L’hiver a étendu ses bras glacés sur la ville et sur les sans abris. Si la nature s’accomode des changements de saison  il n’en est pas de même pour l’homme qui est plus vulnérable, surtout s’il est démuni. Tu venais avec nous au  Samu social distribuer la soupe ou des sandwichs à certains qui n’avaient même plus de dents pour mâcher, d’autres, pieds-nus dans leurs chaussures réclamaient des chaussettes que nous n’avions pas, toute cette misère qui, encore à nos portes a augmenté malgré les promesses des politiques, comment s’endormir tranquillement après être rentré bien au chaud dans nos appartements surchauffés, personne n’est à l’abri, et si nous n’avion pas été aussi vigilants vis à vis de toi, peut être ferais-tu parti de  ceux là.

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Par lesailesfracassees
Le 27 décembre, 2008
A 2:12
Commentaires : 8
 
 

Fratrie

J’ai voulu savourer ces jours passés avec ta soeur, venue seule avec son petit bout de chou, une première fois sans son mari depuis son mariage, ces jours trop courts que j’ai voulu imprimer dans mon coeur pour ne pas oublier, complicité retrouvée, jamais perdue, c’est une belle jeune femme, responsable encore pleine de rêves et de projets, avec une vie normale, ses tracas, ses joies ; ce cadeau de leur présence, que nous nous sommes promis de réitérer dans les prochaines semaines, les prochains mois. Le temps et l’éloignement n’effaceront jamais ce lien qui nous unit. Elle m’a demandé à lire ce blog, pour mieux comprendre l’enchaînement des évènements, de loin, elle pouvait avoir un regard objectif, car moins impliquée dans ton quotidien.

Tu n’étais pas très enthousiaste à l’idée de la revoir, tu lui as tellement promis de t’amender, à l’époque les médecins n’avaient pas encore posé le diagnostic de ta bi-polarité, nous pensions que la solution était dans ta tête, qu’il suffisait que tu le veuilles et d’un claquement de doigt te retrouver dans la peau d’un jeune homme clean, mais la réalité était autre.  

Ton frère nous a rejoint en fin de semaine, il n’a pas été chaleureux avec toi, il faut le comprendre, l’angoisse lui noue le ventre, te souviens-tu dernièrement où il te disait qu’il aimerait que tu redeviennes son grand frère ? Il n’existe pas de structure qui corresponde à ton état, toi seul a la solution, avec le traitement que tu prendras sûrement à vie, tu peux sans doute mener une vie normale, bien que dernièrement, le psychiatre nous ait dit que tu ne travaillerais plus jamais. Comment peut-on avoir un avis aussi péremptoire, ne peut-il pas nous laisser un peu d’espoir, la psychiatrie n’est pas une science exacte, qui peut prédire du futur des patients. Nous sommes maintenant à rassurer ton frère et ta soeur sur les sentiments que nous éprouvons pour eux. Ils se sentent tellement délaissés par rapport à toi. Comment leur faire comprendre que nous ne faisons pas de différence malgré notre esprit rempli de toi.

Je sais que les comportements de dépendance ont pour but de procurer un réconfort immédiat, c’ est un moyen d’éviter la douleur, peu importe alors les conséquences désastreuses à long terme sur la famille. La dépendance semble surtout faire disparaître la ligne de démarcation entre le mal qu’on se fait à soi-même et celui qu’on fait à sa famille, à ses amis.

Hier soir tu as envoyé un message à ta soeur pour lui dire que tu avais contacté une association « les narcotiques anonymes » et que tu allais à ta première réunion en fin de semaine. Elle t’a répondu qu’elle te faisait confiance. Voilà un pas que tu fais seul, sans que nous te forcions. Je t’en avais parlé l’année dernière, mais tu n’avais pas donné suite.

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Par lesailesfracassees
Le 6 décembre, 2008
A 1:45
Commentaires : 6
 
 

Garde à vue

Ta voix dans la nuit, affolée qui tentait d’expliquer, la précipitation de tes mots à nos oreilles, l’incompréhension, la stupéfaction, le soulagement de t’entendre après l’inquiétude face à ton silence et puis la colère qui nous submerge au fur et à mesure de ton récit, tu ne nous l’avais pas encore fait celle-ci : en garde à vue !

Egaré sur une route de Normandie, pris par une voiture en stop, celle-ci s’est fait arrêter au premier péage par la douane, une fouille dans les règles a été effectuée, une pochette contenant de la drogue a été retrouvée, deux hommes étaient à bord lorsque tu es monté, aux questions des douaniers, évidemment, personne n’a avoué être le détenteur de ce sac.

Que faisais-tu au milieu de nulle part, alors que tu étais parti avec ton ami sur Roubaix à un anniversaire. Quelle route détournée as-tu prise pour te retrouver comme tu le dis dans un guet-apens, quelle est la part de vérité de tout ce que tu nous racontes, tu nous as tellement habitué à ces situations saugrenues qui nous pouvaient arriver qu’à toi.

En garde à vue, menotté comme un vulgaire malfaiteur, tu as subi un interrogatoire dans les règles, parti depuis trois jours sans avoir pris ton traitement, tu leur as demandé à voir un médecin pour qu’il te prescrive ta dose de subutex, un gendarme est venu te voir, particulièrement agressif et t’a  prédit que tous les drogués finissaient par crever dans un temps assez court !

Il t’ont relâché au bout de 24 heures, en pleine nuit dans une bourgade déserte, sans un sou (ton argent a été mis sous séquestre) c’est à ce moment là que tu as pu nous joindre pour nous raconter ton histoire !

Heureusement, une amie qui habitait à une dizaine de kilomètres du lieu de ta détention est venu te chercher pour que tu passes la nuit chez elle, et c’est le lendemain que tu as pu rentrer à la maison, en stop, huit heures pour faire 240 kilomètres, nous avons cru ne jamais te revoir, quel soulagement de te revoir vivant !

Tu as refusé l’aide de nos amis pour la suite qui sera donnée à ta détention, tu veux assumer seul, et en y réfléchissant, je suis tombée d’accord avec toi. Que tu dises la vérité ou que tu mentes, tu te retouves seul avec ta conscience, mais tu es notre fils, nous t’aimons, maintenant tu as des comptes à rendre à la justice, et ce n’est plus notre problème. L’electrochoc tant attendu est-il celui là ? Je l’espère, il est temps pour nous de prendre de la distance par rapport à tous ces évènements, parce que nous y laisserons notre peau. L’avenir nous le dira. 

Enfin merci infiniment à vous toutes et tous qui venez nombreux nous soutenir, dans ce monde où le chacun pour soi domine, merci tout simplement.

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Par lesailesfracassees
Le 21 novembre, 2008
A 1:30
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Missing

Tu as voulu aller à un anniversaire dans le Nord, parti vendredi matin de bonne heure avec un ami qui conduisait sa voiture, tu nous as promis de téléphoner fréquemment pour nous rassurer. Le dernier appel date d’hier vers 18 heures, tu étais du côté de Caen, tu devais rentrer dans la nuit, le portable allumé à côté de moi, j’ai attendu ton coup de fil car tu avais laissé tes clefs à la maison. Ce matin, j’avais avancé mon rendez-vous chez le kiné pour aller chez le psychiatre avec toi,  en fin de matinée. L’heure du rendez-vous est passée, tu n’étais toujours pas rentré, mes appels sur ton portable arrivaient sur ton répondeur. Où es-tu ?

Ce matin, un jeune homme a été retrouvé inanimé, à moitié dénudé, le crâne fracassé, deux rues derrière chez nous, en plein centre ville. Papa  qui me téléphonait depuis ce matin pour avoir de tes nouvelles m’apprend qu’ils l’ont opéré en urgence dans son service, le pronostic vital est engagé, pas de papier sur lui, ce n’est pas toi, mais l’idée m’a effleurée un moment et l’angoisse s’insinue en moi comme le brouillard automnal et ne me quitte plus.

Je peux toujours dire que je ne sentais pas ce week-end à venir, trop d’évènements se sont produits dès qu’on te lachait un peu la bride, tu ne nous disais jamais la vérité sur ces week-end musicaux, où la drogue pouvait circuler, pourtant lors de ton dernier appel, ta voix était claire, tu avais l’air heureux.

Pourquoi n’ai-je pas demandé les coordonnées de ton ami qui devait te ramener, je suis là qui tourne en rond, ne sachant qui appeler, pourquoi l’aurais-je fait, tu es majeur,  nous ne pouvons pas mettre un garde du corps derrière chacun de tes pas ! 

Papa en rentrant après avoir demandé conseil à une amie est parti à l’hôtel de Police pour signaler ta disparition. Nous n’avons pas dîné, le coeur à l’envers, ton absence de plus en plus palpable nous fait imaginer les pires scenarii.

Quand tout cela va-t-il cesser, nous n’en pouvons plus, ta soeur, ton frère n’en peuvent plus. Te rends-tu compte des dégâts que tu fais,  à cause de ton comportement, un jour ou l’autre nous serons obligé de choisir, te laisser à tes errances avec toutes les conséquences qui en découleront pour poursuivre notre route, sereinement, il en va de notre survie, je ne mache pas mes mots, mais trop, c’est trop !

OU ES-TU ?

Cette nuit je ne vais pas dormir, les battements de mon coeur résonnent jusque dans ma tête. Je n’arrive pas à pleurer, garder les larmes pour plus tard, lorsque le coeur sera trop plein de cette angoisse qui nous submerge.  

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Par lesailesfracassees
Le 18 novembre, 2008
A 1:19
Commentaires : 8
 
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