les ailes fracassées

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Psycho-éducation

Depuis ta dernière hospitalisation en Mai dernier où tu t’étais retrouvé dans un autre service par le découpage différent de secteurs, on t’a proposé de faire partie d’un groupe choisi en fonction d’un thème commun, celui-ci étant la musique, il permet la réinsertion des personnes en s’appuyant sur le rapport au groupe tout en  favorisant la socialisation. De plus ces ateliers sont l’occasion d échanges et de rencontres qui rompent ainsi avec ton emploi du temps monotone et t’offrent une ouverture vers l’extérieur, évitant de te retrouver seul face à toi même.

Je venais te chercher tous les matins devant chez toi pour te conduire à l’hôpital, car au début tu avais peur de ne pas te réveiller à temps pour être à l’heure, je te téléphonais juste avant pour te dire que j’arrivais, ces matins printaniers étaient déjà porteurs d’espoir, nous bavardions gaiement, prenant quelquefois des chemins différents pour rendre le parcours moins monotone, parfois, je revenais te chercher dans l’après midi pour m’aider à faire les courses. Occuper ton temps par ces activités choisies par toi te plaçait à nouveau dans un monde structuré qui  remettaient à l’heure  ton horloge biologique, si important pour toi, tu étais tellement desynchronisé jusqu’à maintenant, tes troubles du sommeil parlaient pour toi.

Depuis les vacances tu as préféré prendre un peu d’autonomie, tu y vas seul, je pense que tu es heureux de retrouver ce groupe, t’ouvrir aux autres surtout, te rassurer quant à tes possibilités de réinsertion, la bi-polarité est une maladie reconnue comme handicap, tu attends justement d’être reconnu comme travailleur handicapé pour rechercher un emploi, tu en as le désir et ton cursus professionnel te permet justement de trouver facilement un travail dans  la restauration. Quel chemin parcouru en si peu de temps pour toi, tu avances dans la bonne direction, je sais que ce n’est pas facile tous les jours, mais je l’écrivais déjà au départ, toi seul par ta seule volonté pourra t’en sortir,  prendre ton indépendance, te faire confiance, nous pourrons alors te lâcher la main un peu plus facilement.

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Par lesailesfracassees
Le 27 octobre, 2009
A 2:44
Commentaires : 2
 
 
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Du virtuel au réel

Depuis quelques mois nous avions projeté avec François de nous rencontrer,  au fil des jours nous avions tissé des liens invisibles et je sentais à travers ses lignes sa sollicitude se transformait en compassion, même si ce n’était que des mots couchés sur l’écran, ils reflétaient tellement de chaleur que j’en étais bouleversée, comment un inconnu pour moi quelques mois auparavant pouvait me toucher à ce point, chaque soir sur son site je trouvais dans ses écrits une résonance en moi, j’aurai pu écrire les mêmes phrases, je partageais ses emballements, ses  irritations, et puis j’ai été le témoin de ses premiers balbutiements amoureux avec Arnaud, une histoire assez rare pour être commentée et que je suis  aujourd’hui avec tendresse.  

Et puis Agnès, qui avait commencé son blog presque au même moment que moi, au départ je ne l’avais pas reconnue, mais j’ai été happée par son style, une façon talentueuse de raconter sa vie, une vie qui au fur et à mesure sortait de l’ordinaire et qui la faisait passer pour une héroïne de roman. Dernièrement son blog a été fermé dans l’urgence pour qu’elle se protège après des évènements tragiques qui auraient pu la laisser à terre, j’aurai tant aimé que cette histoire se termine comme un conte de fée, quel petit soldat courageux qui lutte dans ce monde si difficile, elle remet à sa place mes difficultés avec Julien et me donne une leçon magistrale dans la façon de se tenir la tête haute.

Nous avions donc rendez-vous chez Agnès ce week-end, ton frère m’avait proposé de m’accompagner pour que je ne me perde pas dans le dédale des arrondissements de Paris que je ne connaissais pas trop, je lui avais un peu expliqué l’histoire de chacun pour qu’il n’arrive pas en terre inconnue, et le samedi midi, la petite amie de ton frère a voulu nous accompagner et ton père se retrouvant tout seul nous a demandé s’il pouvait nous accompagner, et nous nous sommes retrouvés à six personnes au rendez-vous pour le café !!! 

Nous sommes tombés dans les bras des uns et des autres, l’écran avait disparu, même pas étonnés de nous retrouver là, comme si nous nous retrouvions après une très longue absence. Merci d’avoir été là tous les trois nous nous sommes promis de nous revoir très vite, nous avons parlé un peu de toi, peut être qu’au prochain rendez-vous tu  nous accompagneras, je ne veux pas forcer les choses, tu le feras si tu le sens, ta décision t’appartient.

 

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Par lesailesfracassees
Le 13 octobre, 2009
A 1:15
Commentaires : 5
 
 
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L’été en pente douce

Tu m’as dit, tu n’écris plus, je n’ai pas vu le temps passer, ton frère me disait à quoi bon ce blog, mais  la valse des mots  tournoyaient les nuits où les yeux grands ouverts tout me ramenait à toi, les beaux jours sont venus, tu avais projeté d’aller en Tchécoslovaquie, là où la jeunesse européenne se retrouve dans un grand rassemblement festif de musique, tu y étais allé deux ou trois fois, avec ta propre voiture, ou avec des amis avec qui vous partagiez les frais, tu revenais sans portable ou avec quelques vêtements perdus ou volés, rien de bien grave, puisque tu revenais toujours vivant. Mais cette année, les influences des médicaments et ton état psychologique ne te permettaient pas de t’assumer, surtout en sachant que ton ami  après le festival te laissait à Prague pendant qu’il continuait vers la Hongrie et la Slovaquie. Une amie commune à qui j’en avais parlé m’avait fait part de sa crainte de te savoir seul à l’étranger, sans moyen de transport, et surtout avec ton traitement que tu aurais pu égarer, sachant que tu devais le prendre à heure fixe et avoir une vie pas trop mouvementée, ce qui n’aurait pas été le cas, le voyage a été annulé, à notre grand soulagement.

Alors tu es venu avec nous, un peu à reculons, les jours gris de Juillet entamaient ton energie, tu passais  plus de temps à dormir rendant tes journées courtes, la nuit tes démons se réveillaient, alors pour remplir le vide qui était en toi, tu mangeais, tu te remplissais, la tête dans le frigidaire, insasiable. La peur  alors s’emparait de moi, je ne pouvais rien faire, la nuit l’angoisse est palpable, tout s’emplifie, je n’entrevoyais pas le bout de ton tunnel.

Et puis les amis sont passés, ta soeur, ton frère ont éclairés tes journées, tu étais beaucoup plus entreprenant, te conformais aux horaires de tous, les beaux jours aidant tu parlais de retravailler, les doigts te démangeaient, tu préparais les repas avec enthousiasme, mais je sentais bien cette  irritation à fleur de peau, il suffisait d’un mot de travers pour que au quart de tour tu sois agacé, impatient, je ne te reconnaissais plus.

Ta guitare comme pétrifiée dans son coin attendait, tu as bien essayé quelques accords, mais la récente réparation vasculo-nerveuse de ton bras a laissé quelques séquelles, il te faudra attendre pour que tout revienne à la normale, cet accident t’a vraiment permis de prendre conscience que ton comportement pouvait avoir de graves conséquences.

Nous avons pris de la distance depuis cet été, te laissant un peu plus d’autonomie, après cette année compliquée où nous avons vécu tous en autarcie, nos trajectoires s’écartent un peu pour qu’un semblant de liberté s’instaure entre nous, nous en avons besoin tous, tu le sais.

Dans : Non classé
Par lesailesfracassees
Le 7 octobre, 2009
A 22:50
Commentaires : 3
 
 
 

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