les ailes fracassées

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Retour aux sources

Nous sommes partis quelques jours, là où le ciel rejoint la mer et se pose en miroir sur l’océan avec des teintes nacrées, comme aux portes du monde où le regard se perd dans le lointain, ce paysage que j’aime, que j’ai précieusement gardé en moi comme des pierres précieuses dans un écrin. J’ai couru vers la dune, pressée de gravir son sommet pour me précipiter vers la plage qui me tendait les bras, paysage connu et tant aimé où nous passions nos après-midi d’été avec ton petit frère ; au fil du temps les jeux de glisse avaient remplacé les jeux de sable, je pensais à ce moment que ce bonheur là durerait toujours, avec les rires emportés par le vent d’été qui emmêlait nos cheveux éclaircis par le soleil. Ces instants magiques inscrits dans nos souvenirs, écrits aussi sur l’ardoise du temps,  me revenaient à la mémoire, douceur de ces saisons chaudes où tout semblait possible et où l’avenir apparaissait sans nuage, comment imaginer alors que mes enfants allaient me faire pleurer ! 

Je me suis assise, dos à la dune pour contempler l’océan, l’air était frais et l’heure tardive avait chassé les derniers promeneurs, seul un cavalier au loin longeait la plage sous les sabots nonchalants de son cheval, les vagues ondulaient et s’imprégnaient des transparences du soleil couchant, sous les nuages pareils à des rubans soyeux, comme un sentiment d’éternité qui échappe au temps, loin de toutes pensées parasites qui encombraient mon esprit.

C’est toi qui nous a demandé de partir sachant que nous serions moins anxieux à te savoir en sécurité à l’hôpital. Ton bras a été suturé de même que les tendons et nerfs sectionnés, tu ne perdras pas la sensibilité de tes doigts, il en a fallu de peu pour que tu ne retrouves plus une mobilité parfaite de ta main, mais tu pourras rejouer de la guitare et du piano lorsque la cicatrisation sera complète, tu l’as encore échappé belle. Dans ta chute, la vitre de la porte t’avait aussi provoqué une perte de substance sur un doigt de la main droite, une couverture antibiotique a été nécessaire car la plaie s’était infectée.

Nous avons retrouvé ce soir là une ordonnance de Benzodiazépines prescrite par ton nouveau médecin traitant, Papa lui avait pourtant téléphoné quelques jours avant pour le mettre en garde contre ton addiction justement à ces produits. Comment est-ce possible ? Tu sais si bien mentir pour arriver à tes fins. Il nous faudra un peu de temps pour que ces images s’effacent peu à peu de notre mémoire.  

 

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Par lesailesfracassees
Le 27 avril, 2009
A 2:11
Commentaires : 11
 
 

Plus jamais ça

Je ne dors pas, je ne sais pas si je vais réussir à raconter la soirée de cauchemar que nous venons de passer. Nous rentrons de chez toi où nous sommes arrivés précipitamment à l’heure du dîner. Nous avions pourtant passé l’après-midi ensemble à faire des courses, comme souvent depuis ta sortie de l’hôpital, je t’ai déposé en fin d’après midi devant le cabinet de ton médecin traitant, juste derrière chez nous et tu m’as souhaité une bonne soirée car tu préférais dîner chez toi pour te coucher plus tôt. Je ne me suis pas méfiée !

Tu m’as téléphoné trois fois, en racontant n’importe quoi, impossible de te poser des questions et avoir une réponse claire, les mots qui sortaient de ta bouche ressemblaient plus à un gargouillis qu’à un langage articulé, tu nous avais hélas déjà tant habitué à ce tableau dramatique, avec Papa nous avons décidé d’aller voir ce qu’il se passait chez toi. 

Tu n’as pas répondu à la sonnette, heureusement nous avions les clés et lorsque nous avons ouvert la porte, des traces de sang maculaient les murs et le parquet, des débris de verre jonchaient le sol,  et toi tu tournais comme un lion en cage le regard halluciné. Je me suis précipité vers toi, sur ton bras une profonde entaille béante d’où s’échappait encore le sang. Tu étais passé à travers la porte vitrée du salon.

Les pompiers sont arrivés avec le Samu, ils t’ont emmené aux urgences. Nous ne les avons pas suivi, tu étais à nouveau en sécurité. Il ne nous restait plus qu’à nettoyer derrière toi.

Tu seras opéré de ta plaie en début de matinée, tu n’étais pas à jeun pour pratiquer l’intervention tout de suite, mais l’urgence n’était pas vitale.

Nous sommes assommés, nous n’avons plus de mots. Après ton passage au bloc tu seras sûrement transféré à nouveau en psychiatrie. L’espoir s’amenuise au fur et à mesure que le temps passe.

Dans : Non classé
Par lesailesfracassees
Le 7 avril, 2009
A 3:52
Commentaires : 10
 
 
 

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