les ailes fracassées

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Larmes

J’ai préféré ne pas écrire tout de suite, les yeux brûlants de larmes trop versées, comme je déteste ton regard que je reconnais entre mille, tes yeux  d’un éclat si particulier et cette logorrhée qui jaillit dans un flot ininterrompu, mes mains crispées sur le volant pour ne pas te répondre et tu insistais sur le pourquoi de mon mutisme.

Je venais de te laisser pour que tu commences à faire tes cartons en vue de ton déménagement prochain, cette excitation au téléphone lorsque tu m’as demandé de te rejoindre pour aller choisir la couleur du sol de ta cuisine, j’avais déjà compris au son de ta voix.

Le retour à la maison ou excédée je t’ai lancé « tu t’es encore shooté », la violence de tes mots d’alors pour m’expliquer que tu avais seulement tiré quelques bouffées d’un joint, mes reproches qui ont suivi qui ont déclenché ta rage, tu voulais partir, nous rendre les clés de la voiture, de ton appartement criant que tu allais retrouver des personnes plus accueillantes que nous. J’ai barré la porte avec mon corps pour t’empêcher de partir, l’idée de te savoir quelque part dans la nuit m’est insupportable, tu effaces d’un coup tous ces mois où nous avons ensemble essayé de te sortir de ta vie d’alors, englué que tu étais dans ce marigot infect où la drogue t’avait précipité, je mesure aujourd’hui la fragilité de ton esprit.

Je te  rappelle encore ici qu’une étude comparative montre que les dommages physiques liés à une consommation de cannabis sont supérieurs à ceux causés par la cocaïne, le plaisir immédiat, vecteur de dépendance est supérieur à celui obtenu par l’ecstasy, la dépendance psychologique est supérieure à celle induite par l’ecstasy ou le Lsd ! Mais bien entendu, tu sais toujours mieux que les personnes sensées travailler sur ces recherches. Tu nies tout en bloc, ta mauvaise foi nous navre.

Tu nous balades au fil de l’eau, tu souffles le chaud et le froid au gré de tes humeurs, à nous  de composer la partition, même si la musique ne semble pas si mélodieuse, nous avons tant  besoin de calme dans nos coeurs, ce tumulte nous fatigue, tu es comme ce petit garçon qui ne supporte pas les contrariétés,  combien faudra- t-il encore de frustration et de culpabilisation entre toi et nous, tu peux bien comprendre que notre patience est mise à mal parfois.

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Par lesailesfracassees
Le 21 septembre, 2008
A 0:38
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Joyeux anniversaire

Quelle émotion ce dimanche éclaboussé de joie où tu es venu au monde. Bien avant pourtant par ces fils invisibles qui nous reliaient, nous nous connaissions déjà, enfant d’une autre vie  que nous retrouvions, tu avais quitté ton royaume de paix pour le tumulte des hommes.

La nervosité qui s’empara de ton père ce matin là, pensant que j’allais accoucher dans la minute où les contractions se faisaient plus intenses, sa demande presque implorante de lui laisser le temps de prendre un café avant de m’emmener, ma confiance alors dans la suite de cette grossesse et surtout l’impatience de te voir enfin et te serrer dans mes bras.

Souvenirs doux de ces heures précieuses où nous étions seuls au monde, mélange de solitude et d’harmonie mêlant ton petit corps chaud à ma peau afin de prolonger l’osmose, tes cheveux comme un duvet soyeux où je posais mes lèvres et ton regard cherchant le mien reflétait toute la connaissance du monde. Cette fusion entre la mère et l’enfant sera comme une chaîne qui ne se brisera jamais.

Que de rêves écrit en ton nom depuis ce jour là sur la trame du temps. Que de rires joyeux envolés dans des farandoles enfantines, n’oublie jamais ce temps de l’enfance qui façonne un homme, c’est ce qui fait ta force.

Les années ont passé, tu es le spectateur lassé par ta propre vie, tu restes assis à la même place, d’autres voies te restent à découvrir, tu es libre de cette liberté où tout est possible, tu sais que lorsque les êtres s’aiment, ils portent en eux un lien inaltérable, je te l’ai déjà dit, et le répéterai à l’infini, je t’aime pour toujours.

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Par lesailesfracassees
Le 16 septembre, 2008
A 1:43
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Rencontres

La maison est fermée, c’est toujours un pincement au coeur à chaque fin de l’été, le jour du départ, le soleil insolent nous inondait de sa lumière après tous ces jours pluvieux qui occultaient l’azur. Les chats n’étaient pas plus heureux que nous, leurs regards implorants nous en disait long sur leur frustration. 

L’année dernière, nous emmenions dans nos bagages une jeune belge arrivée en stop avec ses deux chats,  je l’avais rencontrée au distributeur à la banque, sa carte bloquée ne pouvait lui délivrer aucune monnaie et elle se lamentait sur son sort, ne pouvant ni payer le camping, ni faire de courses pour les jours à venir. Je lui ai demandé si je pouvais l’aider et lui ai donné rendez-vous à la maison, un quart d’heure plus tard elle me rejoignait. Elle essaya de passer quelques coups de téléphone à sa famille en Belgique sans succès, je lui proposais d’aller chercher ses affaires au camping pour ne pas ajouter encore à sa dette et en attendant que sa situation se débloque venir planter sa tente dans le jardin.

Elle est restée dix jours jusqu’à notre départ, j’ai aimé cette jeune fille un peu paumée, elle avait ce regard limpide de ceux qui ne s’en laisse pas compter, tu étais si mal l’année dernière, tu dormais la plupart du temps, rien ne pouvait te sortir de ta léthargie, elle a été comme la princesse qui réveille le beau jeune homme au bois dormant ! elle a vraiment illuminé cette semaine passée en ta compagnie, tous les matins, elle échafaudait un plan pour la journée et vous partiez à bicyclette le long des routes visiter les environs, tu revenais le soir fourbu mais ton regard brillait d’un contentement que tu avais oublié dans tes heures les plus noires. Un matin, je vous ai accompagné au port d’ à côté, le jour n’était pas levé, elle avait réussi à vous faire emmener par un marin pêcheur, pour une journée en mer, la capitainerie n’était pas  encore ouverte et le marin avait démarré son bateau amusé à l’idée qu’il emmenait des passagers clandestins. Vous êtes revenus les bras chargés de daurade et le ciré maculé d’encre de seiche. 

Au retour nous l’avons laissé dans un camping désert à l’orée de la forêt de Brocéliande, avec ses deux chats, nous avions échangé nos adresses et nos numéros de téléphone, elle a promis de donner de ses nouvelles, nous avons essayé de la joindre par mails et par téléphone depuis, nous n’avons jamais eu de réponse. Elle est repartie vers sa vie d’avant, nous avons partagé de jolis moments avec elle, je lui souhaite tout le bonheur du monde, son souvenir reste à jamais dans un coin de nos coeurs.

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Par lesailesfracassees
Le 10 septembre, 2008
A 22:40
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Jours paisibles

J’ai repris mes balades à bicyclette, aujourd’hui j’ai dû faire attention au sens du vent, j’ai préféré faire mon tour habituel à l’envers de façon à ce qu’ il me pousse au retour ! Beaucoup de maisons sont fermées, les volets majoritairement dans toutes les nuances de bleu ressemblent à des paupières baissées qui s’ouvriront lorsque leurs habitants reviendront soit pour un week-end, soit pour les prochains congés. La mer était haute et agitée, les petits bateaux amarrés aux corps morts semblaient danser sur les vagues, les mâts des catamarans cliquetaient au souffle du vent, comme ces carillons que l’on accroche au dessus du porche qui tintent au moindre mouvement et qui donne une vibration si particulière, les feuilles des arbres bruissaient doucement, en parfaite harmonie avec le paysage qui défilait sous mes yeux.  Quelques nuages menaçants laissaient passer des gouttes de pluie qui glissaient sur ma joue, telles des larmes mélancoliques sur l’été qui s’enfuit. 

Tu as passé de bonnes vacances, couché souvent à l’heure où le monde se lève, il va falloir que tu reprennes des horaires réguliers, tu dois te rendre en fin de semaine à ce centre qui t’a convoqué pour la journée où tu iras peut être en fonction des places disponibles et surtout après une consultation avec les médecins qui jugeront si ton état  le permet. Ce centre de postcure et de réadaptation aide les malades stabilisés à retrouver leur autonomie et construire un projet personnel. Reprendre progressivement des activités professionnelles et sociales dans l’objectif de développer une autonomie normale, tout en renouant des liens sociaux , cela te permettra de faire le point sur tous ces mois que tu viens de passer, te situer par rapport à ton environnement et par rapport aux autres, surtout retrouver une image positive de toi-même et évaluer tes capacités, stimuler tes facultés intellectuelles et devenir autonome dans toutes les tâches de la vie quotidienne. Ils demandent que chaque patient ait fait le choix personnel pour intégrer ce centre, impliquant l’adhésion aux soins et une mobilisation pour l’ensemble des activités réadaptatrices. Tu vas y arriver, tu verras.

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Par lesailesfracassees
Le 1 septembre, 2008
A 23:35
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