les ailes fracassées

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Et toc

Lu encore sur le forum bi-polaire où je fais sans cesse des découvertes : derrière un toc se cache souvent une bi-polarité, le toc est une névrose, comparativement à la bi-polarité qui est une pathologie ; la plupart du temps, les personnes sont névrosées mais leurs troubles ne les empêchent pas d’avoir une vie normale. L’alcoolisme et/ou la prise de drogues sont un des comportement symptomatiques des troubles bi-polaires, il faut donc traiter l’humeur et toutes les addictions (désintoxication, sevrage), il y a bien un facteur de vulnérabilité génétique, commun d’ailleurs à la schizophrénie, mais à cette suceptibilité génétique s’ajoute un facteur environnemental déclenchant. Reste à quel point on peut être certain de diagnostiquer les troubles bi-polaires. C’est une des plus anciennes maladies mentales reconnues (quatrième cause mondiale d’incapacité), heureusement que la multiplicité des traitements arrive à équilibrer les patients qui en général peuvent avoir une vie normale.

Aujourd’hui je ne t’ai pas trouvé bien, tu as passé le WE chez des amis, je t’ai conseillé de faire attention à ton sommeil, tu dois avoir une vie régulière pour ne pas te déséquilibrer, tout changement de rythme peut être fatal, déjà ce matin, je ne suis pas arrivée à te sortir du lit, nous avons été occupé par la maman d’une amie qui commence une démence sénile et nous sommes allés les soutenir, perdus qu’ils étaient depuis l’annonce du diagnostic, nous avons jugé utile de le faire, ce sont des amis très chers et le mari à qui on a annoncé la maladie de sa femme était bouleversé, soixante ans d’amour pour apprendre que bientôt elle ne le reconnaîtra plus, nous leur avons promis d’être là, qu’ils pouvaient compter sur nous, toi tu t’es sans doute senti délaissé, et ce soir lorsque nous sommes rentrés plus tard que d’habitude, tu étais allongé tout habillé sur ton lit, je t’ai secoué pour venir manger, mais je te laisse dormir, je n’ai pas envie de te voir titubant, en léthargie, le nez tombant dans ton assiette, ce soir nous avons dîné tranquillement avec papa, tu viendras manger en pleine nuit si tu as faim, ce soir nous avons eu tout simplement envie d’être tranquilles. Demain tu me raconteras peut être si tu as pris autre chose que tes médicaments.  

 

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Par lesailesfracassees
Le 30 juin, 2008
A 22:52
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Heredité

Tous les psychiatres que nous avons consulté avec toi nous ont tous posé la question, à savoir qui dans nos familles seraient atteints soit de dépression ou de troubles mineurs, qui expliqueraient ton état actuel. Nous avons cherché et remonté loin chez nos ancètres,  peut- être en existait-il, ces maladies là étaient plus ou moins cachées, on en parlait peu, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ma chère belle-mère remplie de tocs qui rend la vie infernale à quiconque se trouve dans son environnement, voilà ta grand mère est toquée, elle aurait pu être aussi toquée d’une autre façon, car elle fait merveilleusement la cuisine, c’est sa seule qualité d’ailleurs, les relations entre ta grand mère et moi n’ont jamais été chaleureuses lorsque son fils chéri m’a présenté à elle la première fois, elle a fait un virage à 260 degrés pour ne m’adresser la parole que du bout des lèvres, évidemment, tous ses rêves d’un grand mariage à l’église dans le 16ème s’écroulaient, j’avais déjà été mariée..   cette grand mère maintenant qui a honte de son petit fils car il ne correspond pas à ses normes de bourgeoise intégriste, elle n’a pas de coeur, et son visage en vieillisant porte la marque de son vide intérieur, elle est éteinte.

Peut être aussi faut-il voir de mon côté, après ton accouchement j’ai été atteinte du baby blue, sévèrement, à ce moment là on en parlait moins qu’aujourd’hui où on hospitalise les jeunes mamans qui ne vont pas bien,  et pourtant j’étais sur mon petit nuage, heureuse que tu sois là, mais je pleurais et voyais tout en noir, incompréhensible ! rien à voir avec ton état actuel nous ont dit les psychiatres, ah alors, tant mieux, on reste alors sur la grand mère toquée,   mille pardons mon chéri, mais ça me soulage de l’écrire tout en sachant que ce n’est pas très catholique, c’est pourtant trop d’honneur de parler d’elle ici.             

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Par lesailesfracassees
Le 28 juin, 2008
A 12:02
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Bi-polaire

Une amie m’a demandé si je n’avais pas peur qu’on me reconnaisse….. je ne crois pas, le peu de détails que je donne ne permettra pas de me situer, si j’écris ton histoire, ce n’est pas pour me mettre en avant, mais essayer de faire comprendre ce qu’est la maniaco-dépression ou maladie bi-polaire, parce que ces troubles peuvent tuer, le suicide, les accidents et les overdoses constituent la première cause de mortalité. Cette maladie affecte huit pour cent de la population en général, si je peux par ce témoignage en faire prendre conscience au moins à une personne, ces mots n’auront pas été vains.

Tu serais atteint d’un cancer nous nous battrions avec le même acharnement, papa a dit un jour, c’est le cancer de l’âme dont tu souffres, âme désespérée qui ne trouve pas dans ce monde cruel son apaisement, beaucoup  te ressemblent,  je te comprends si bien.

Accompagner quelqu’un dans sa maniaco-dépression nous engage sur un chemin semé d’épines, on avance à tâton, les tactiques employées ne débouchent pas toujours sur le résultat escompté, le piège se refermant inévitablement sur nous, alors on souhaite que tout s’arrête, certains jours on n’en peut plus, mais on n’a pas le choix, seulement celui de t’accompagner sans te juger et surtout t’accepter tel que tu es, tu es quelqu’un de normal comme nous tous et tu n’a pas le droit de te dévaloriser, tu as en toi des trésors que tu ne soupçonnes même pas.

Je sais que tu me lis, hier tu m’as dit , j’ai tout lu maman et j’ai compris plein de choses, tu m’as remercié et demandé pardon, mais tu n’as pas à te faire pardonner, tu nous apportes beaucoup plus que tu ne le crois et nous n’avons que notre amour à t’offrir.

Je termine en citant la phrase que je t’ai fait lire dans les textes que Roland de Jouvenel dictait à sa maman par écriture automatique et dictée le jour de mon anniversaire :

Le laps de temps qu’il te reste à vivre parmi les hommes doit être employé à construire le socle qui supportera ton éternité

tout est résumé dans ces mots lumineux, il ne reste pour toi et moi qu’à nous les appliquer.

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Par lesailesfracassees
Le 27 juin, 2008
A 15:25
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Colère

Ce matin en passant devant ta chambre l’odeur m’a pris à la gorge, cette odeur âcre, reconnaissable entre toute, je suis restée hébétée de stupeur, plus jamais de drogue, si insignifiante soit-elle ne devait franchir le seuil de la maison, depuis le fameux jour où excédée par les plantations que tu faisais pousser sur le balcon et devant l’ampleur qu’elles prenaient, j’ai arraché tous les plants, pour les fourrer dans des sacs poubelles, j’ai fait cent trente kilomètres pour rejoindre notre petite maison, à l’époque où j’avais mes réunions municipales qui m’éloignaient un peu de vous tous, j’ai stressé tout le long du trajet, espérant ne pas croiser les forces de l’ordre ou les douanes qui s’ils m’avaient arrêté pour un simple contrôle n’auraient pas manqué de sentir l’odeur qui émanait du coffre de la voiture, je devais avoir mes anges protecteurs ce jour là, car je suis arrivée sans encombre à la maison, et ce n’est que le lendemain que j’ai pu jeter tous les sacs à la déchetterie, j’ai imaginé la tête des employés, lorsqu’ils se sont penché sur la benne des déchets verts, l’odeur a dû leur sauter au visage. Tu n’as pas été très heureux lorsque tu as vu le balcon vide de tes plantations maléfiques et c’est à cette époque que je t’avais dit, plus jamais ça !

Tu m’as dit mais maman, je n’en fume presque pas, seulement pour me détendre et avec des copains lors de soirée,  oui je sais, on en prend au début pour faire comme les autres, et puis on y prend goût, les yeux deviennent rouges, les pupilles se dilatent, l’air abruti, hagard, hébété, le visage se décompose. Sais-tu le ravage que cela provoque sur le système nerveux et sur l’organisme, plus d’énergie, plus d’élan vital, tu me dis que cela te décontracte, que ça calme tes angoisses, et puis c’est l’escalade vers des drogues plus dures. Lorsque tu étais chez toi, seul, tu fumais avant de t’endormir, cherchant le sommeil qui ne venait pas, combien de fois tu t’es endormi le pétard aux lèvres ou au bout des doigts, consummant les houses de couette et même le matelas, tu me fais peur et tu le sais. Nous t’avons rendu tes clès de voiture, je t’ai menacé de les reprendre, mais devant ton regard clair ce matin et ton visage chiffonné par ma colère, j’ai encore fondu, tu es tellement bien en ce moment, mais je ne peux pas m’empêcher de penser au pire. Tu as encore besoin de ces produits pour vivre, et nous à côté on tremble d’effroi de savoir à quoi tu t’exposes encore.

Tu es parti pour commencer à trier tes affaires en vue de ton prochain déménagement. Nous voulons que tu changes de décor, que ces lieux ne te rappelent plus tout ce que tu as vécu de négatif, nous avons trouvé un appartement à côté de chez nous, nous ferons l’économie d’un loyer en achetant cet appartement où tu vivras, les prochains travaux t’occuperont l’esprit, tu choisiras les couleurs, nous irons acheter de quoi le décorer et tu pourras repartir pour une autre vie.

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Par lesailesfracassees
Le 26 juin, 2008
A 16:22
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Mélancolie

Cette torpeur qui me gagne, comme si la chaleur ambiante anéantissait le peu d’énergie qui me reste, je paye sans doute le prix de ces douleurs récurrentes qui ne me lâchent pas, de ces prochains mois où je vais revivre à nouveau ces actes chirurgicaux où mon autonomie sera encore diminuée, où il faudra dépendre de personnels soignants qui  bien-intentionnés sera difficilement supportable, je suis déjà passée par là, je sais ce qui m’attend, mais d’un autre côté, pour le bonheur de tous ceux qui m’aiment, il faut me faire soigner, pour ensuite prendre soin des autres qui après tous ces mois de tumulte, n’en sortent pas indemnes. Je suis triste quand tu es triste et mon coeur se noie dans ton regard mélancolique.

La vie n’est pas cette ligne droite que nous empruntons, nous tombons, entraînés parfois par la pente trop raide, mais nous remontons, aggripés par une force surhumaine, ensemble et fiers d’apercevoir à nouveau la lumière. Il faut que tu croies en toi pour te redonner cette force. Si je pouvais étaler du baume sur tes plaies et les guérir comme avec une baguette magique,  ou lorsque d’un souffle sur un petit bobo, tu repartais retrouver tes jeux d’enfant. Mais il ne reste que la chaîne de mes mots pour te faire comprendre que la vie est belle pour toi le petit garçon craintif qui ne sait pas où aller ; il faut surtout t’accepter comme tu es, si nous restons auprès de toi c’est parce que nous ne voulons pas manquer un seul instant en ta compagnie, surtout après les semaines que nous avons passées, dans l’incertitude de ta vie et de ton avenir.

Tu vas vivre des choses formidables, notre amour pour toi éclaire les coins sombres de ton âme, peut être sommes-nous aujourd’hui tout simplement trop impatients. Alors ne sautons pas les étapes.

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Par lesailesfracassees
Le 25 juin, 2008
A 16:11
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Fête de la musique

Nous avons préféré t’emmener avec nous, papa fêtait le solstice d’été comme chaque année, la Saint Jean réunit tout un groupe de personnes qui aiment se retrouver  à cette époque,  pour célébrer l’amitié qui n’est pas un lien selon le besoin, mais le libre échange d’affinités.

Je savais que tu avais projeté avec ton groupe de participer à cette vingt-septième année de la  fête de la musique, jusqu’au lever du jour et t’emplir la tête et le coeur de tous ces sons que tu aimes. 

 Ta déception est grande mais tu es comme un enfant à qui nous laissons un peu plus de liberté chaque jour, balisant les interdits pour empêcher les accidents, il faut que nous recommençons tout à zéro avec toi, c’est difficile je sais, tu voudrais tellement voler de tes propres ailes, mais tu as aussi peur que nous, le fait de te retrouver comme l’enfant que tu étais, c’est un peu le passage obligé pour prendre ton élan le moment venu.

Je lis ce soir dans la presse que la fête de la musique s’est passé sans incident majeur, on préfère banaliser la violence, et les médias se taisent, faisant le jeu du gouvernement en travestissant la réalité, hier soir en ville  une personne s’est fait agressée à coup de hache, gratuitement, comment peut-on se promener incidemment avec une hache en pleine rue sans intention de nuire, le monde est-il devenu fou, ou est-ce le mal boire qui détourne le sens de la fête ? Nous avons préféré te soustraire à cette violence, même si tes intentions étaient saines, pour toi la musique est synonyme de fête, mais pour les autres, qu’en est-il, tu ne nous le reproches pas et finalement, j’ai aimé la soirée d’hier avec toi, même si tu n’as pas été très bavard, nous avons dîné tous les deux à la crêperie derrière chez nous au bord des Salines, la terrasse embaumée de rosiers, de lupins, de lavande. Nous sommes revenus sur le petit chemin de sable et de terre, un chat noir et blanc assis sur son séant nous regardait passer, nous nous sommes penchés vers lui et avons vu  dans son regard, toute la sagesse ancestrale depuis des millénaires.

Le ciel rosissait, les traces des avions s’effaçaient emportant les passagers vers des destinations de rêve, les hirondelles au dessus de nos têtes volaient en ronde joyeuse en trissant, oiseau porte bonheur que nous aimons retrouver chaque printemps.

Les bicyclettes adossées au mur de pierre où poussent les roses trémières n’ont pas bougé, elles attendront plus tard que ton énergie couplée à la mienne nous emmène sur les chemins balisés, loin du tumulte des voitures où chaque coup de pédale débouche sur l’océan. 

Ce soir en rentrant tu t’es installé devant le piano, combien de temps s’est-il passé avant que tes doigts n’effleurent à nouveau les touches, un petit pas en avant, un grand pas dans ta tête, tu vois que tu y arrives, ne perds pas patience, il faut du temps, nous ne sommes  pas pressés.

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Par lesailesfracassees
Le 22 juin, 2008
A 22:47
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A vous tous

Ton frère et sa douce amie m’ont envoyé des fleurs, elles trônent sur ma table de salon, couleur tendre qui est en accord avec l’amour qu’ils me portent, je les aime. Lorsque je suis allée le mois dernier sur Paris, les rôles se sont inversés, j’étais presque devenue l’enfant de mon enfant, son regard bienveillant, son inquiètude aussi pour mon éventuelle fatigue, la tendre complicité partagée m’a réchauffé le coeur, la vie réserve des joies immenses , elle m’aide à supporter mes difficultés.

J’ai surfé  hier sur le forum bi-polaire, les patients racontent leur mal être, la dépression qui s’abat sur eux, sans crier gare, qui anéantie tout, et puis sans raison aucune, le passage à l’euphorie où tout est possible, je t’ai retrouvé dans ces témoignages, quelle galère, quelle vie, la force que tu dois déployer pour ne pas sombrer plus profondemment, il te reste à attendre que l’energie revienne pour que ton regard s’allume à nouveau.

Je ne m’attarderai pas ici trop longtemps aujourd’hui, je tape avec ma seule main valide, je voulais simplement vous dire à tous que vous m’êtes très précieux, même si je ne vous ai jamais rencontré,  les liens qui se sont noués se renforcent au fil des jours.

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Par lesailesfracassees
Le 20 juin, 2008
A 12:21
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Milieu médical

Je devrais prendre un abonnement, depuis quelques temps j’ai l’impression de passer ma vie à l’hôpital, entre tes séjours répétés et mes différentes consultations et examens pour mes problèmes articulaires, je pourrais carrément y rester à demeure !

Ce midi lorsque je suis revenue tu dormais encore, tu dis que tu es fatigué, nous sommes tous fatigués ; hier soir nous avions pesé le pour et le contre, appeler le psychiatre pour demander des conseils,  te réhospitaliser ? nous attendons. Nous allons bientôt prendre nos quartiers d’été au bord de la mer, changer un peu le cours de ta vie, sortir, faire un peu de sport, les occasions seront plus nombreuses qu’ici,  d’habitude je suis déjà partie à cette époque, mais des rendez-vous ne sont pas encore honorés et vu le temps maussade je suis aussi bien ici, et surtout je ne veux pas laisser ton père, je le sens fatigué et le rythme du travail dans le service n’est pas près de s’atténuer avec les congés qui arrivent, beaucoup de pression et de stress et des patients de plus en plus compliqués, je suis fière de lui et je l’admire, tu voudrais tant lui ressembler, je le sais.

Ce matin, consultation avec l’orthopédiste, il confirme l’usure des cartilages des deux épaules, il faut opérer, une prothèse totale, comme à la hanche, le rendez-vous est pris pour le mois d’octobre,   je faisais déjà sonner tous les bips au contrôle dans les aéroports, bientôt tous les clignotants vont s’allumer, moi qui ne veut jamais me faire remarquer, c’est raté – je savais que je n’y échapperais pas, si je continue je vais ressembler à Robocop, mais juré, promis, dans ma prochaine vie je me réincarnerai en limace, ne plus avoir d’os, ne plus souffrir, le paradis.

Il faut relativiser, combien de patients sont atteints, qui ont des pathologies lourdes avec pronostic défavorable à courte échéance , en attendant il faut de la patience, demain une infiltration de l’autre épaule est programmée, trois jours immobilisée, la première à droite n’a pas eu le résultat escompté, heureusement que je ne suis pas un millepattes, mais je vais en profiter pour me faire chouchouter pour une fois !

Le temps de rédiger cet article tu es retourné te coucher, ton frère vient de te parler longuement au téléphone, tes problèmes ne sont pas ses problèmes, il fait ce qu’il peut avec les moyens qu’il a, je sais qu’il est perturbé, l’éloignement ne facilite pas les choses, et nous n’en sortirons pas indemnes. Je t’ai proposé de sortir, d’aller au cinéma, tu peux jouer du piano, de la guitare, mais ils se taisent, comme toi dans un silence étourdissant, tu préfères aller te réfugier dans tes rêves. Le sommeil est toujours une petite mort.

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Par lesailesfracassees
Le 19 juin, 2008
A 14:43
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Flicage

Hier tu as dormi toute la journée, je suis allée te voir régulièrement dans ta chambre, tu avais promis d’aller faire des courses avec moi, je ne m’inquiétais pas, ton week-end au bord de la mer avait été agité et les deux nuits avaient été courtes ou pratiquement nulles, ta mine heureuse à ton retour nous a fait comprendre que tout s’était bien passé.

Au moment du dîner, ton regard endormi nous a alerté, les gestes ralentis,tu n’as pas pris part à la discussion. Aussitôt levé de table d’un regard avec papa nous nous étions compris, nous connaissons trop bien ce comportement,  à nos questions tu niais évidemment comme à l’habitude et pour en avoir le coeur net je suis allée dans ta chambre. Je n’ai pas mis longtemps à trouver, papa sur les talons j’ai extirpé une boite de benzodiazépines pratiquement neuve, il ne fallait pas être devin  ! non tu ne retourneras pas à l’hôpital mais l’angoisse s’est ré-insinuée en nous.

Tu n’as pas attendu longtemps pour replonger, connais-tu au moins le danger de cette automédication, le mélange avec ton traitement prescris par le psychiatre, mais non dans ces cas là tu sais toujours mieux que les professionnels, tu nous fais peur, comment t’es-tu procuré cette boîte, la dernière tu l’avais achetée dans la rue, cinquante fois plus chère que ce que tu aurais pu avoir par une ordonnance, mais les benzodiazépines ne font pas partie de ton traitement et tu le sais. Les effets secondaires peuvent être pires que le soulagement que tu aimerais qu’ils te procurent. Quand cesseras-tu de concocter  tes petites sauces à ta convenance, tu sais que tu mets ta vie en danger. Mais c’est plus fort que toi.

Nous t’avons repris les clès de voiture, il n’est pas question que tu prennes le volant lorsque tu es dans cet état, déjà l’année dernière tu avais provoqué un accident en sortant de ton parking pour venir dîner, tu aurais pu venir à pied, ton appartement est situé à moins de cinq cents mètres de chez nous,  au bruit que tu as provoqué, un voisin a relevé ton numéro d’immatriculation, tu n’avais rien ressenti, et plus d’un mois après tu recevais une convocation du commissariat pour délis de fuite, encore un incident dont nous nous serions bien passé qui s’ajoutait à tous les autres, le substitut du procureur à l’écoute avait bien compris la situation, ton voisin a retiré sa plainte et un constat amiable rétroactif a été rempli et tout s’est bien terminé, jusqu’à la prochaine fois, non je ne veux plus !

Je sais lorsque tu ne te sens pas bien, avachi dans le canapé à regarder la télévision, rien ne peut te faire sortir de ta torpeur, et les jours où il faut presque te pousser sous la douche et te faire habiller, quel épuisement aussi pour nous, j’aimerais bien aussi bayer aux corneilles ou me réfugier sous la couette, fermer les écoutilles, avoir un semblant de paix.

Je ne sais pas si tu as commencé la lecture de ce blog, tu connais mes sentiments chaque fois que tu te mets la tête dans le sac, nous ne serons pas toujours là pour te protéger, bi-polaire est le nom de ta maladie, moi je suis une bipède et j’avance comme je peux, nous sommes fatigués, essaye de te mettre un peu à notre place. Nous t’aimons pour toujours et tu le sais.

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Par lesailesfracassees
Le 18 juin, 2008
A 13:31
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Chat alors

Hier soir je trépignais d’impatience, la nuit ne tombait pas assez vite, un comble pour moi qui ne me lasse pas d’admirer les ciels bretons au coucher du soleil, mais Nina occupait trop mes pensées, j’ai surfé sur les sites chats perdus – chats retrouvés, j’ai lu des histoires épouvantables comme cette chatte retrouvée vivante mais sans fourrure, épluchée vive, elle a été euthanasiée après des souffrances atroces, son corps  n’étant qu’une plaie infectée, comment peut-on être si cruels et s’en prendre à des animaux innocents !

En prenant l’ascenseur avec le chien je t’ai dit, je ne remonte pas sans Nina, les bruits de la ville s’étaient atténués, aucun nuage ne venait troubler la clarté de la lune, une pleine lune qui semblait protéger la nature et me faciliter dans ma recherche. Le chien heureux de retrouver les odeurs de ses congénères, trottait devant moi, je voulais vérifier si mes petites affiches étaient restées collées sur les portes des immeubles, à ma grande consternation, la plupart étaient déchirées ou arrachées, sans doute des maniaques de la propreté qui ne supportent pas la trace d’un scotch sur les vitres, insensibles au destin d’un chat. Tout en avançant, j’appellais Nina secouant ma boîte de croquettes, je m’arrêtais pour guetter le moindre miaulement, le silence de la nuit rendait l’angoisse plus palpable.

Je fais le tour du quartier et reviens à mon point de départ, résignée, le coeur lourd , je m’asseois sur le banc devant la porte, reprenant mes appels désespérés quand mon matou sans papiers qui a élu ses quartiers dans notre résidence depuis plus d’un an, s’avance vers moi, enroulant son corps autour de mes jambes en ronronnant,  poussant sa tête sous la caresse de ma main,  surpris de me voir assise sur le banc à cette heure inattendue, il sauta sur mes genoux ; soudain je prête l’oreille,  est-ce mon imagination qui me joue des tours, mais j’entends un faible miaulement derrière mon dos, j’appelle Nina et une forme sombre surgit des massifs de fleurs, je me précipite sur elle en criant son nom, sa queue est énorme tel un écureuil, mais je la reconnais entre mille, elle arrive sur moi en poussant un miaulement  plaintif, la peur encore au fond de ses yeux, je l’ai prise dans mes bras, le nez dans sa fourrure, respirant son odeur, nous sommes remontés à l’appartement loin de la nuit et de ses pièges. Mon miaou de nulle part a dû lui tenir compagnie pendant les vingt quatre heures où elle n’a pas bougé des bosquets, tombée du balcon devant l’immeuble, elle n’a fait qu’un demi-tour pour se réfugier sous les arbustes, le vétérinaire avait raison.

J’ai vérifié ses dents, les pattes n’étaient pas douloureuses, les coussinets non ensanglantés, le petit corps souple, elle était indemne, un vrai miracle.

Ce matin je suis allée chez le vétérinaire, il l’a bien auscultée, rien à signaler comme on dit dans le jargon médical, nous sommes rentrées à la maison, ce soir elle dormira apaisée au creux de mes genoux et pour de longues années de tendresse.  

Ce matin mon miaou vagabond m’attendait en bas comme à son habitude, il a eu double ration de croquettes avant de repartir à ses aventure et ses amours !

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Par lesailesfracassees
Le 17 juin, 2008
A 15:25
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